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+41 % d'hémorroïdes en six mois : l'effet inattendu des analogues du GLP-1

Un médecin britannique rapporte une hausse de 41 % des consultations pour hémorroïdes sur six mois dans sa clinique, en pointant les agonistes du GLP-1 comme Ozempic, Wegovy, Mounjaro, Zepbound, Saxenda et Rybelsus.

Cet effet peut-il s'expliquer par des études scientifiques ?

Ce que font ces médicaments dans le tube digestif

Les agonistes du récepteur GLP-1 imitent une hormone digestive naturelle, le glucagon-like peptide 1, qui agit principalement sur le pancréas pour stimuler la sécrétion d'insuline et réguler la glycémie. Leur succès dans le traitement du diabète de type 2 et de l'obésité repose sur un effet supplémentaire : un ralentissement marqué de la digestion.

Les récepteurs GLP-1 ne sont pas seulement présents dans le pancréas. On les trouve aussi dans le système nerveux entérique, c'est-à-dire le réseau neuronal qui contrôle les mouvements de l'intestin. Leur activation freine les contractions de la paroi intestinale, ce qui ralentit le transit sur toute la longueur du tube digestif, de l'estomac au côlon.

Concrètement, trois phénomènes se combinent sous agoniste GLP-1 :

  • la vidange gastrique est retardée (l'estomac met plus de temps à se vider)
  • la motilité de l'intestin grêle diminue
  • le temps de transit intestinal augmente

Ce ralentissement est le mécanisme même qui produit la satiété et la perte de poids. C'est aussi celui qui favorise la constipation.

La constipation, un effet secondaire mesuré

Les chiffres des essais cliniques

Dans le programme d'essais STEP (la série d'essais cliniques à grande échelle qui a servi à autoriser le semaglutide à 2,4 mg comme traitement de l'obésité), les effets indésirables gastro-intestinaux sont les plus fréquents, avec des taux allant de 10 % à plus de 80 % selon les catégories. La constipation touche spécifiquement entre 11 % et 24 % des patients traités, contre 6 à 9 % sous placebo selon les études publiées dans le New England Journal of Medicine.

Une méta-analyse de 2025 portant sur l'ensemble des agonistes GLP-1 dans le diabète de type 2 donne une incidence moyenne de constipation de 7,92 % tous produits confondus. Le semaglutide ressort comme la molécule la plus associée à cet effet, avec un risque environ six fois supérieur à celui des comparateurs.

La durée médiane des épisodes de constipation est également plus longue sous semaglutide que sous placebo : 47 jours contre 35 jours, avec un plateau atteint vers la 10e semaine de traitement. Pour comparaison, dans la même étude, la nausée dure en médiane 8 jours et les vomissements 2 jours : la constipation est l'effet digestif le plus persistant.

Les données en vie réelle

Les chiffres issus des études observationnelles sont souvent supérieurs à ceux des essais cliniques. Dans un sondage mené en pharmacie communautaire auprès d'utilisateurs de semaglutide, 29 % rapportent une constipation, et six utilisateurs sur dix signalent au moins un effet secondaire digestif. Une analyse de 67 008 messages publiés en ligne par des utilisateurs de semaglutide ou de tirzepatide retrouve une constipation mentionnée dans 15,3 % des cas.

Les effets indésirables sont dose-dépendants. Ils apparaissent surtout pendant la phase d'augmentation de dose, puis tendent à s'atténuer avec la poursuite du traitement grâce à un phénomène de tachyphylaxie (diminution progressive de la réponse à une même dose).

Du transit ralenti aux hémorroïdes : la mécanique

Selles dures, efforts et pression sur le plexus hémorroïdaire

Quand le transit ralentit, les selles restent plus longtemps dans le côlon et se déshydratent. L'évacuation demande alors des efforts de poussée plus importants, qui font monter la pression intra-abdominale et engorgent le plexus hémorroïdaire (le réseau veineux qui forme les coussinets anaux). Le passage répété de selles dures exerce en plus une friction directe sur ces structures, ce qui déclenche douleurs, prolapsus et saignements.

La double peine : moins de fibres et moins d'eau

Les agonistes GLP-1 n'agissent pas seulement sur la motilité. Dans un essai contrôlé, le semaglutide hebdomadaire a entraîné une réduction de 24 % de l'apport calorique total sur des repas pris à volonté, par rapport au placebo. Cette baisse de l'appétit diminue mécaniquement les apports alimentaires totaux, y compris en fibres. Or, une alimentation pauvre en fibres est elle-même un facteur de risque établi de la constipation et des hémorroïdes.

La sensation de satiété précoce pousse aussi à boire moins, notamment pendant les repas. La déshydratation relative qui en résulte aggrave le durcissement des selles. Selon une revue sur les facteurs de risque hémorroïdaires, un apport hydrique et une consommation de fibres insuffisants figurent parmi les déterminants modifiables les mieux documentés de la maladie hémorroïdaire.

Une perte de poids rapide modifie aussi les habitudes digestives sur plusieurs semaines : le corps s'adapte à un nouveau rythme d'alimentation, ce qui peut temporairement perturber la régularité du transit.

Comment limiter le risque sous traitement

Fibres et hydratation : les bases qui fonctionnent

L'augmentation progressive de l'apport en fibres reste la mesure la plus efficace. Une méta-analyse de 2022 sur la supplémentation en fibres montre que 66 % des patients constipés répondent à un traitement par fibres (contre 41 % sous placebo), avec une efficacité optimale au-delà de 10 g de psyllium par jour pendant au moins quatre semaines. Le psyllium est une fibre soluble qui retient l'eau dans le côlon et donne du volume aux selles sans les rendre agressives pour la muqueuse anale.

Les autres sources utiles sont les légumes verts, les légumineuses, les fruits entiers avec leur peau et les céréales complètes. L'augmentation doit être graduelle pour éviter les ballonnements — passer d'un apport faible à 25-30 g de fibres par jour en une semaine provoque souvent des gaz et des inconforts qui aggravent le problème.

L'hydratation suit la même logique : 1,5 à 2 litres de liquide par jour sont nécessaires pour que les fibres jouent leur rôle. Sans eau, les fibres solubles ne peuvent pas former le gel qui hydrate les selles.

Laxatif ponctuel et suivi proctologique

En cas de constipation persistante sous traitement, le recours ponctuel à un laxatif osmotique comme le polyéthylène glycol (un laxatif qui agit en retenant de l'eau dans l'intestin pour ramollir les selles) est généralement bien toléré. Une utilisation supérieure à deux fois par semaine justifie cependant une discussion avec le médecin prescripteur.

Pour les personnes déjà sujettes aux hémorroïdes avant le début du traitement, un suivi proctologique en amont et une adaptation préventive du régime alimentaire réduisent le risque de crise pendant la phase d'augmentation des doses, qui est la plus critique.


Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

Fuentes

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