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Hémorroïdes : quels sont les risques de récidive ?

Les taux de récidive des hémorroïdes varient énormément selon le traitement choisi : de 80% en quelques mois pour les médicaments oraux à 3-6% après chirurgie par excision. Cet article passe en revue les principales méthodes de traitement et leur taux de récidive.

Les traitements médicamenteux : l’effet disparaît avec l’arrêt

Les phlébotoniques : 80% de récidive à 3-6 mois

Les phlébotoniques (diosmine, hespéridine, troxérutine) sont les médicaments oraux les plus prescrits pour soulager une crise hémorroïdaire. Ils agissent en tonifiant les veines, ce qui réduit le saignement, l’œdème et la douleur.

Leur effet s’arrête généralement avec le traitement. Une revue publiée en 2025 montre que la récidive des symptômes atteint 80% dans les 3 à 6 mois après l’arrêt. La raison principale: ces médicaments ne traitent pas la cause sous-jacente de la maladie hémorroïdaire.

Les crèmes et suppositoires locaux: pas d'étude prouvant leur effet sur le très long terme

Les topiques (traitements appliqués localement sur la zone concernée) à base de corticoïdes, d’anesthésiques locaux ou d’extraits veinotoniques soulagent rapidement la douleur et les démangeaisons. Comme pour les traitements oraux, leur action cesse à l’arrêt. Aucune étude ne documente un effet préventif sur la récidive une fois le traitement interrompu.

La ligature élastique : une récidive qui progresse au fil des années

La ligature élastique (rubber band ligation) consiste à poser un élastique à la base de l’hémorroïde pour qu’elle se nécrose et tombe.

Des chiffres qui dépendent du délai d’observation

Les taux de récidive varient fortement selon le moment où on mesure :

  • À 1 an : entre 3,7% et 49% selon les études. Un essai britannique multicentrique rapporte 49% à 1 an avec une ligature unique, chiffre qui tombe à 37,5% avec plusieurs ligatures.
  • À 2 ans : 6,6% pour les hémorroïdes saignantes, 9,6% pour les formes prolabées.
  • À 5 ans : 13% de récidive pour les formes saignantes, 16,9% pour les formes prolabées, selon une étude de suivi long terme.

Le grade change tout

Le grade hémorroïdaire, qui mesure le degré d’extériorisation, détermine largement le pronostic. Une étude rétrospective chinoise de 2025 portant sur 113 patients traités par ligature documente les taux de récidive suivants :

  • Grade I (saignements sans sortie) : 3,8% (1 récidive sur 26)
  • Grade II (sortie pendant la défécation avec retour spontané) : 8,6% (5 sur 58)
  • Grade III (sortie nécessitant une réintégration manuelle) : 17,2% (5 sur 29)

Plus l’hémorroïde est avancée au moment du traitement, plus la probabilité de récidive augmente.

La chirurgie : les meilleurs résultats, mais pas de garantie

L’hémorroïdectomie par excision

L’hémorroïdectomie classique par excision reste la technique avec les plus faibles taux de récidive à long terme. Un essai multicentrique randomisé de 2025 comparant hémorroïdectomie et ligature élastique sur des hémorroïdes de grade III retrouve 6,1% de récidive dans le groupe chirurgie, contre 47,5% dans le groupe ligature.

L’hémorroïdopexie agrafée

Cette technique, plus récente et moins douloureuse en postopératoire, consiste à agrafer la muqueuse rectale pour repositionner les hémorroïdes et interrompre leur vascularisation. Les résultats à long terme sont moins bons. Une méta-analyse retrouve 22% de récidive après hémorroïdopexie agrafée contre 3,6% après hémorroïdectomie par excision pour les hémorroïdes de grade IV (sortie permanente, non réductible).

Le choix entre les deux techniques est un arbitrage entre confort post-opératoire immédiat et durabilité du résultat.

Ce qui réduit vraiment la récidive

Les fibres

Une supplémentation en fibres alimentaires réduit les symptômes et le risque de récidive d’environ 50% (NIDDK). La recommandation est de 28 grammes par jour, contre 20 en moyenne en France (étude INCA 3, ANSES).

La méthode TONE

La méthode TONE, validée par une étude de 2017, réduit le recours à la chirurgie chez des patients avec hémorroïdes avancées :

  • T — Trois minutes maximum sur les toilettes
  • O — One time : une seule fois par jour
  • N — Ni poussée, ni lecture, ni smartphone
  • E — Enough fiber : assez de fibres

Une étude de 2025 confirme que le smartphone aux toilettes augmente le risque d’hémorroïdes de 46%.

Activité physique et hydratation

20 à 60 minutes d’activité modérée, 3 à 5 fois par semaine, réduisent le risque de récidive (revue) ; la position statique prolongée fait l’inverse. 1,5 litre d’eau par jour minimum, sans quoi les fibres aggravent la constipation au lieu de la soulager.

Ce qu’il faut retenir

La récidive hémorroïdaire n’est pas une fatalité, mais un phénomène prévisible si rien ne change entre deux épisodes. Les traitements médicamenteux gèrent la crise, les gestes techniques retirent l’hémorroïde, mais seule une modification durable des habitudes de vie empêche la maladie de revenir. Le traitement le plus efficace contre la récidive n’est pas le plus invasif : c’est celui qui s’accompagne d’un changement de rythme quotidien.


Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

Fuentes

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